La méditation

Lotus - La méditation

La méditation

« Se fermant à toutes les sensations venant du monde extérieur, concentrant la vision
Une sorte de « poursuite » s’engage, et de ce fait, l’artiste s’éloigne de son « être ».

Dans cette quête, l’être de son inspiration initiale est anéanti, et l’artiste s’efforce de reconstruire dans le monde extérieur une oeuvre qui soit en correspondance intime avec sa certitude intérieure.

Or, pendant la période préliminaire de gestation, créatrice par excellence, pure et libre de toute notion d’interprétation, l’état d’âme
entre les sourcils, rendant égaux l’inspiration et l’expiration traversant les narines, de l’artiste peut être comparé à l’état de méditation. Une expérience maîtrisant les sens, le mental et l’intellect, le sage, qui libre de désir et de colère, se consacre à la libération, est en vérité libéré »

(Gita, chap.V,ver. 27-28.)

La méditation est l’acte le plus créateur de notre vie. Créateur non pas d’une oeuvre tangible ou matérielle, mais créateur par suite d’une pleine et consciente possession de toutes nos facultés créatrices: la volonté, la raison supérieure (buddhi) le mental, les sens, le corps. Grâce à ces facultés, en ce monde, nous vivons, nous aimons, nous créons des valeurs comme le beau, le vrai, le bien. Lors de la méditation, ces facultés ne se mettent pas en quête d’un monde extérieur pour servir de support à leur activité; elles découvrent un univers intérieur où elles sont créatrices, et y trouvent une joie et une plénitude bien différentes de celles du monde extérieur. Dans la méditation, il se manifeste un nouveau type de perception, une dimension spatiale et temporelle sans aucune commune mesure avec notre vision et notre expérience ordinaires du monde extérieur.

Avant de donner libre cours à son inspiration, l’artiste se concentre en lui-même. En communion avec sa certitude intérieure, il se recueille sur ce qu’il veut exprimer à l’aide de la couleur. Pendant cette période, l’artiste vit dans un monde à part, engendré par lui. Il est pleinement créateur. Il n’a pas encore pris en main sa palette et pourtant, en lui- même, s’élabore le tableau magistral de sa beauté idéale. Il déborde de joie. Et souvent cet état d’âme créateur se continue même quand le peintre commence à exprimer son inspiration sur la toile; toutefois, l’intensité de cet état est moindre, car dès les premiers coups de pinceaux, commencent le choix et la recherche des teintes et de la technique les mieux appropriées à la peinture de son tableau intérieur.
éprouvée dans toute sa plénitude nous enlève tout désir et besoin de la commenter. Au contraire si notre expérience est imparfaite, nous commençons à l’imaginer et à l’interpréter pour nous et pour les autres. Bien entendu, nous pouvons aussi avoir une expérience authentique et désirer en parler pour la faire partager à d’autres. Durant la méditation, nous sommes au zénith de la créativité. Nous amenons l’infini et l’indifférencié sur le plan du fini. Toute création ne saurait avoir lieu sans la venue de l’indéterminé sur le plan du déterminé, sans la coopération des deux, sans l’interaction de l’Eternité et du Temps, de l’esprit et de la matière.

Nous devons être dans un état de réceptivité, de silence et de passivité. Quand nous méditons, nous choisissons de réduire le corps, les sens, le mental, et toutes les autres facultés au silence, au repos spirituel. Nous choisissons, il n’y a pas d’effort à faire dans ce terme: le fait de choisir implique notre découverte d’un état supérieur à la condition humaine ordinaire. Dans la méditation nous optons pour la spiritualité de notre être. Durant la méditation nous nous juxtaposons à notre être, nous nous juxtaposons à la foi, à l’espérance, à la charité, à l’amour, car notre être est le foyer ou le centre de ces trois vertus. Tant que nous croyons être sous l’emprise de quelque chose ou de quelqu’un, tant que nous nous sentons oppressés, notre méditation n’est encore ni stable, ni profonde. Quand nous sentons notre intérieur pareil à la lampe dont la flamme brûle sans vaciller à l’abri du vent, quand nous sentons notre intérieur rempli de certitude, pareil au ciel dont les nuages vont bientôt se répandre en pluie fécondante, quand nous sentons notre intérieur comme l’océan sans vague et sans ride, alors, soyons-en sûrs, notre méditation est devenue stable et profonde.

HARE OM TAT SAT.

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